Myopathie de Duchenne : une thérapie génique prometteuse

Liseuse Milibris – Le Figaro 11/11/2014

 

Des chercheurs sont parvenus à restaurer la force musculaire sur un modèle animal.

Pauline Fréour

MALADIES RARES La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est la maladie
neuromusculaire la plus fréquente chez les enfants. Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif
contre cette maladie évolutive qui ne touche que les garçons (un sur 3 500 naissances). D’où
l’intérêt suscité par une thérapie génique développée dans le laboratoire nantais Atlantic Gene
Therapies, qui donne d’excellents résultats sur le chien et devrait être testée dans un an sur une
dizaine de malades.
La myopathie de Duchenne, autre nom de la DMD, est causée par une anomalie du gène codant
pour la dystrophine, une protéine indispensable à la contraction des cellules musculaires. « Je dis
souvent que la dystrophine est comme le ciment qui tient les cellules musculaires ensemble. Sans
elle, les fibres musculaires se désorganisent et le muscle perd sa résistance à l’effort », explique le
Dr Caroline Le Guiner, principal auteur de l’étude publiée en novembre dans Molecular Therapy.
À mesure qu’ils avancent en âge, les malades voient leurs muscles s’affaiblir – ceux des membres,
mais aussi le coeur et le diaphragme. C’est pourquoi on observe une perte de la capacité de
marcher à l’adolescence, et la nécessité d’une assistance respiratoire à l’âge adulte.
La thérapie génique d’Atlantic Gene Therapies repose sur une nouvelle approche, appelée le saut
d’exon. « Cela consiste à supprimer la partie du gène (exon, NDLR) qui est anormale, à l’aide
d’une petite séquence d’ADN qui est véhiculée jusqu’à la cellule musculaire au moyen d’un virus
rendu inoffensif », explique le Dr Le Guiner. La mutation ainsi « court-circuitée », la cellule peut
produire de la dystrophine dans une version raccourcie, mais qui reste fonctionnelle.
Les résultats qui viennent d’être publiés sont ceux de tests conduits sur 18 chiens âgés de 3 à
4 mois, auxquels le gène médicament a été injecté par intraveineuse dans une patte. Ils montrent
que le vecteur permet de rétablir la production de dystrophine à un niveau suffisant pour rétablir la
force musculaire au niveau local.

 

clg

Coupe d’un muscle humain permettant d’observer les myofibrilles chez un malade
atteint de myopathie de Duchenne. Michel Fardeau/Inserm