Immunologie du transfert de gène à l’aide de vecteurs AAV

La translation de protocoles de transfert de gène in vivo à l’aide de vecteurs recombinants dérivés de l’Adeno-Associated Virus (AAVr) depuis le rongeur aux modèles de grands animaux, et plus récemment chez l’homme, a révélé la survenue de réponses immunes humorales et/ou cellulaires dirigées contre le transgène et/ou la capside virale. Ces réponses immunes dépendent de plusieurs paramètres incluant le sérotype de l’AAVr, sa dose, son mode de production et sa voie d’administration, le transgène ainsi que la nature du promoteur qui contrôle son expression mais aussi l’espèce animale, l’immunité préexistante contre l’AAV, et l’état pathologique du tissu cible.

Ces réponses immunes peuvent être responsables d’une inefficacité du transfert de gène à long terme ou encore empêcher l’administration du vecteur en cas d’immunité préexistante. Contrôler cette immunotoxicité est aujourd’hui un défi majeur pour le succès en clinique de la thérapie génique. Dans ce contexte, l’équipe «Immunologie du transfert de gène à l’aide de vecteurs AAV » a pour objectif de :

 Réaliser l’immunomonitorage des grands animaux inclus dans les protocoles de transfert de gène dans le muscle squelettique et le système nerveux central. Cela inclut les criblages sérologiques avant injection comme le test de neutralisation d’AAV, mais aussi le suivi des réponses immunes humorales et cellulaires contre le produit du transgène et le vecteur après thérapie génique. Les techniques d’ELISA pour la recherche d’anticorps et d’ELISpot pour la recherche de cellules T spécifiques sont ainsi réalisées en routine. Dans ce contexte, l’équipe fait partie du réseau AFM-Téléthon « DMD/U7 », où elle intervient dans l’immunomonitorage des chiens GRMD injectés.

 D’un point de vue plus fondamental, l’équipe mène un vaste programme de recherche translationnelle visant à étudier l’impact de la voie d’administration du vecteur dans le muscle squelettique sur les réponses immunitaires du primate non humain. Pour cela, les injections locorégionales et systémiques sont étudiées comme alternative à la voie intramusculaire conventionnelle. Nous explorons la cinétique des interactions entre l’AAVr et le système immunitaire de l’hôte après administration in vivo du vecteur. La biodistribution du vecteur dans les tissus lymphoïdes, la transduction des cellules immunitaires, en particulier les cellules dendritiques, et la nature des réponses immunes induites sont étudiées. Ces éléments sont corrélés à l’efficacité du transfert de gène à long terme.

 

Composition de l’équipe :

Oumeya ADJALI, M.D. Ph.D., CR1 INSERM

immuno

Céline VANDAMME, Doctorante

Mickaël GUILBAUD, Ingénieur

Marie DEVAUX, Ingénieur

Johanne LE DUFF, Technicienne

Nicolas JAULIN, Assistant ingénieur

Célia Couzinié, Ingénieur

Collaborations :

– R. Snyder (Université de Floride, Gainesville).

– C. Masurier (Plateforme d’immunologie appliquée, Généthon, Evry)

– O. Benveniste (La Pitié Salpêtrière/Institut de Myologie, Paris)

– P. Aubourg et N. Cartier (INSERM UMR 745, Paris)

– Y. Cherel et K. Rouger (AGT, INRA 703, ONIRIS, Nantes)

– M.A. Colle (AGT, INRA 703, ONIRIS, Nantes)

– M.C. Cuturi et I. Anegon (INSERM UMR 1064, CHU Nantes)

– M. Bonneville et X. Saulquin (INSERM UMR 892, Institut de Recherche Thérapeutique, Nantes)