Thérapie cellulaire de la Dystrophie Musculaire de Duchenne

Ce programme a pour objectif de proposer un médicament de thérapie innovante pour le traitement de la Dystrophie Musculaire de Duchenne (DMD), qui représente la forme la plus fréquente des dystrophies musculaires en concernant un garçon nouveau-né sur 3500, soit une naissance tous les trois jours en France. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif de la DMD qui conduit au décès des patients entre 20 et 30 ans. La thérapie cellulaire fait partie des orientations thérapeutiques prometteuses. L’identification de cellules souches adultes offre des perspectives nouvelles de stratégie thérapeutique des maladies neuromusculaires, parmi lesquelles la DMD.

Ce programme qui s’inscrit dans une démarche de recherche préclinique de maladie génétique a débuté, il y a maintenant près de sept ans, avec l’isolement et la caractérisation par l’UMR d’une population de cellules souches dérivées du muscle sain appelées cellules MuStem. La preuve de concept de l’efficacité thérapeutique a été réalisée par administration systémique de ces cellules chez le chien myopathe GRMD qui correspond au modèle cliniquement pertinent de la DMD. En effet, cette administration évite la dégradation de l’état clinique général des chiens myopathes ainsi qu’une limitation des altérations du tissu musculaire.

Aujourd’hui, l’objectif est de faire passer les cellules MuStem du statut de candidat à celui de produit thérapeutique remplissant l’ensemble des caractéristiques requises pour l’obtention d’une autorisation d’essai clinique pour la DMD par l’ANSM. Aussi, parallèlement à la poursuite des investigations sur les cellules MuStem canines, nous développons, depuis deux ans, un projet de caractérisation des cellules MuStem isolées à partir de muscle humain.

L’utilisation des cellules MuStem à d’autres pathologies musculaires est également envisagée.

Liste des principaux axes de recherche :

1. Établir une caractérisation phénotypique globale des cellules MuStem humaines par l’obtention de signatures protéique, génomique et transcriptomique, pour renseigner la nature de l’agent cellulaire administré.

2. Déterminer une méthode d’isolement et d’amplification des cellules MuStem humaines codifiée et en conditions GMP (Good Manufacturing Practice), afin de transférer les procédures expérimentales aux unités de production de lots cliniques.

3. Explorer les modalités d’action des cellules MuStem canines sur le phénotype tissulaire après administration systémique par la recherche de marqueurs biologiques via des approches de protéomique quantitative, transcriptomique et une analyse de petites séquences d’ARN, les miRNA.

4. Explorer les aspects immunitaires associés à la transplantation des cellules MuStem allogéniques afin de définir les conditions d’immunomodulation à appliquer au patient transplanté.

5. Définir l’innocuité des cellules MuStem par la mise en place d’analyse cytogénétique, de test de tumorogénéicité, d’études de bio-distribution et d’études toxico-pathologiques réglementaires.

L’ensemble des données générées par ces différents axes nous permettra de mettre en place un essai clinique de phase 1/2.

Responsable : K. ROUGER